Banques centrales : du « quoi qu’il en coûte » au « foutu pour foutu »

Banques centrales : du « quoi qu’il en coûte » au « foutu pour foutu »

La Fed et la BCE ont manifestement l’intention de jouer la montre afin de retarder au maximum une crise financière qui s’annonce comme l’une des plus grandioses que l’humanité n’ait jamais connu.

Il y a quatre mois, nous alertions sur une fièvre spéculative incontrôlée qui s’emparait des marchés financiers, avec des achats en meute massifs sur des actions comme GameStop ou AMC, ainsi que sur la discrète complicité des différents régulateurs, et notamment les banques centrales.

Force est de constater que rien, ou presque, n’a changé. Certains investisseurs ont été une nouvelle fois pris de bouffées délirantes, et l’action AMC a de nouveau atteint en l’espace de quelques jours des niveaux record, totalement déconnectés de la réalité d’une entreprise au modèle économique sur le déclin à l’heure des Netflix ou autres Disney+.

Si certains schémas spéculatifs commencent à montrer des signes de fragilité, comme par exemple les cryptomonnaies, la planète finance et la planète immobilier demeurent pour l’instant en lévitation, hypnotisées par les injections de liquidités sans fin des banques centrales et notamment la Réserve Fédérale américaine.

POLITIQUE SANS RETOUR DES BANQUES CENTRALES
En effet, depuis mars 2020, les grandes institutions monétaires se sont lancées dans une politique sans retour où toute tentative de normalisation semble devoir se solder par une crise financière retentissante. Néanmoins, faire marcher la planche à billets à plein régime commence à créer davantage de problèmes que cela n’en règle, laissant Jerome Powell et Christine Lagarde seuls face à un dilemme cornélien des plus compliqués mais dont ils sont largement responsables.

Certains alertent depuis des années sur les conséquences économiques désastreuses d’un laxisme budgétaire et monétaire sans limite, avec une hyperinflation des actifs qui assomment chaque jour davantage les classes moyennes et populaires, ainsi que les plus jeunes générations. Mais aussi sur le risque d’allocation inefficiente du capital dans un contexte où entrepreneurs et investisseurs ne sont désormais plus motivés par la création de valeur économique mais la perspective d’un gain en capital immédiat.

Chose nouvelle – et c’est certainement là le point le plus inquiétant pour les autorités – ces politiques commencent également à se traduire par des tensions inflationnistes au sein de l’économie réelle.

POLITIQUE DE L’AUTRUCHE
Face à cette nouvelle donne, les banques centrales ont choisi la politique de l’autruche, bien aidées en cela par de nombreux économistes et professionnels des marchés qui nous jurent que ce phénomène de hausse de prix n’est que transitoire. L’argumentaire est simple et efficace : il n’y aurait là qu’un effet de base lié à l’effondrement de l’activité au printemps dernier, sachant que de toute manière la demande en biens et services est structurellement sur le déclin depuis des années.

Comme le dit Olivier Delamarche, « on ne donne pas à boire à un âne qui n’a pas soif ». Mais la solution est-elle pour autant de laisser crever l’âne de soif ? En effet, si la tendance est effectivement à un ralentissement structurel de la demande, il faut garder la tête le fait qu’en face l’offre a aussi subi plusieurs chocs majeurs depuis dix ans.

D’abord l’important ralentissement chinois depuis 2012, avec la volonté de Xi Jinping d’impulser un changement de modèle économique, se traduisant notamment par des réductions drastiques des capacités de production.

Ensuite, la guerre économique entre la Chine et les États-Unis depuis 2016, venue créer une incertitude majeure sur les chaînes d’approvisionnement – y compris dans des domaines de plus en plus stratégiques comme l’électronique. Loin d’avoir désavoué la politique de son prédécesseur, Joe Biden semble au contraire parti pour faire durer cette rivalité devenue stratégique pour l’Amérique.

Autre facteur négatif pour l’offre, les différentes mesures environnementales limitant les investissements dans certaines activités comme le pétrole et le gaz, tout en apportant davantage de contraintes et de difficultés pour d’autres acteurs comme par exemple dans l’automobile.

DES PLANS MASSIFS DE SAUVETAGE PARTOUT
Pour couronner le tout, la pandémie est venue achever de mettre KO une production déjà structurellement affaiblie et qui doit maintenant faire face à une demande surstimulée du fait des plans de sauvetages massifs lancés un peu partout.

La question devient donc : l’offre pourra-t-elle un jour rattraper la demande si cette dernière continue d’être dopée à l’infini ? Car la Chine ne semble clairement pas enclin à jouer le jeu des Occidentaux, refusant d’ouvrir la voie à une surproduction qui leur avait posé des problèmes après les mesures de relance de 2009.

Certains États commencent officiellement à s’inquiéter de cette situation et de l’emballement des prix, y compris dans la sphère immobilière. Cela a d’abord été le cas de la Nouvelle-Zélande, puis du Canada et plus récemment du Royaume-Uni. En Europe, certains membres de la Banque centrale européenne font depuis longtemps entendre leur scepticisme vis-à-vis de la planche à billets. Mais cela n’empêche pas Jerome Powell ou Christine Lagarde de continuer à foncer tête baissée.

Certains diront que nous n’avions de toute façon pas vraiment le choix. Que ces politiques nous ont sauvé à chaque fois de la grande dépression et d’une mort annoncée de nos pays. Peut-être. Mais à quoi cela peut-il servir de dépenser sans compter et ne jamais réformer des économies qui manifestement fonctionnent de plus en plus mal ? Pourquoi ne pas avoir à un moment donné choisi de profiter de ces taux d’intérêt artificiellement bas pour engager une restructuration profonde de notre tissu productif et de notre système de dépenses ?

ILLUSION MONÉTAIRE
Sans surprise, le recours à l’illusion monétaire est largement soutenu par bon nombre d’intellectuels français pour qui la création de liquidités à partir de rien est censée pourvoir régler des problèmes de fond comme les inégalités ou – soyons encore plus fous – la crise environnementale. Pourtant, non seulement la planche à billets aggrave les inégalités économiques, mais pire encore elle conduit ceux qui s’y risquent sur la voie de l’effondrement via une inflation incontrôlée.

L’Histoire est très claire à ce sujet, car les exemples de catastrophes économiques et politiques provoquées par la planche à billets y sont légion : du Venezuela ou Zimbabwe, en passant par la célèbre République de Weimar, sans oublier la dramatique situation de la France du XVIIIe siècle qui a d’abord mené à la Révolution avant de provoquer l’échec de cette dernière.

« Foutu pour foutu » semble donc être le mot d’ordre de nos chers dirigeants. Si la Fed et la BCE ont manifestement l’intention de jouer la montre afin de retarder au maximum une crise financière qui s’annonce comme l’une des plus grandioses que l’humanité n’ait jamais connu, les politiques eux ont choisi de respecter l’énigmatique « indépendance » des banques centrales pour les laisser faire à peu près ce qu’elles veulent.

Il faut dire que certains pays comme la France ont particulièrement intérêt à ce que rien ne change. Quoi de mieux en effet que de pouvoir continuer à aligner les budgets déficitaires que nos députés finiront tôt ou tard par voter les yeux fermés (du moins dès qu’ils seront dans la majorité) au motif qu’il n’y a de toute manière « pas d’alternative » ? De quoi arroser suffisamment l’économie, non pas pour la remettre sur les rails d’une croissance structurelle, mais du moins pour sauver la face avant la prochaine échéance électorale.

De toute manière, la plupart des effets indésirables continuent d’être invisibles de la classe politique. Pire encore, l’envolée des prix de la pierre semble même plutôt bénéfique pour une majorité de parlementaires et ministres.

Ne soyons donc pas surpris si tous ces sujets sont les grands absents des débats pour les élections de 2022. Hormis quelques chaînes YouTube comme ThinkerView bien décidées à mettre sur la table ce type de problèmes, la plupart des grands médias ne s’y intéresseront pas.

Après tout, on ne scie pas la branche sur laquelle on est assis.

Article de Franky Bee, initialement publié sur le site de Contrepoints.

Dette Covid et solutions magiques

Dette Covid et solutions magiques

Peut-on ne pas rembourser une dette et, pour le dire de manière moins pudique, l’annuler ?

L’indigence de la culture économique en France résumée en un sondage : d’après l’enquête Odoxa-Aviva pour Challenges et BFM Business, 34 % des personnes interrogées estiment qu’il ne faudrait pas rembourser la dette contractée par l’État pendant la pandémie de Covid-19 ; 39 % des Français estiment qu’il faudrait la rembourser pour « une bonne partie avec une contribution exceptionnelle des grandes fortunes » ; 73 % suggérant de faire et l’un et l’autre…

PEUT-ON NE PAS REMBOURSER UNE DETTE ET, POUR LE DIRE DE MANIÈRE MOINS PUDIQUE, L’ANNULER ?
L’annulation des dettes est une idée qui revient régulièrement dans le débat agitant experts, économistes et politiques. L’accroissement vertigineux de la dette contractée par l’État pour contrer la propagation de la pandémie et les conséquences des mesures de confinement n’y est pas étranger.

L’encours de la dette négociable, qui atteignait un niveau de 1823 milliards d’euros à la fin de 2019, était, du fait de la crise sanitaire, mais aussi du plan de relance, attendu fin 2020 à 2030 milliards d’euros, puis à 2126 milliards d’euros fin 2021, selon les documents budgétaires du projet de loi de finances pour 2021, soit une augmentation supérieure à 300 milliards d’euros en deux ans.

Certes, la situation dégradée d’un débiteur peut conduire ponctuellement à une annulation de sa dette. Mais elle gruge le créancier, alors privé de son capital et ses intérêts.

Le manquement à l’engagement qui le lie à ses créanciers affaiblit également la capacité future du débiteur à emprunter ou, s’il y parvient, l’expose à une remontée des taux d’intérêts.

Enfin, le non-remboursement de la dette crée un « aléa moral » toujours périlleux, en favorisant les agents peu rigoureux aux dépens de ceux qui, bons gestionnaires, ont anticipé la matérialisation des risques.

Si elle ne remboursait pas sa dette, à cause par exemple d’une économie atone ou de l’absence de toute réforme structurelle (telle celle des retraites, maintes fois différée, et qui s’apprête à l’être encore), la France serait rapidement sanctionnée par les marchés financiers. Sa prime de crédit et sa charge de la dette s’envoleraient.

AUTRE VIEILLE LUNE À AVOIR REFAIT SURFACE : L’INSTAURATION D’UNE CONTRIBUTION EXCEPTIONNELLE DES GRANDES FORTUNES
En l’espèce, il faudrait aller très au-delà d’un simple rétablissement de l’ISF (lequel rapportait « seulement » 2,1 milliards d’euros de plus que l’actuel IFI, bien loin des 300 milliards d’endettement supplémentaire évoqués ci-avant), et manifestement dépasser le niveau d’imposition optimal au-delà duquel le rendement de l’impôt diminuerait.

Cela est tout particulièrement vrai pour la France qui, avec un ratio de recettes fiscales de 4,0 % du PIB (chiffres OCDE, 2019) s’agissant des prélèvements sur le patrimoine, se classe au deuxième rang mondial. Creuser encore davantage l’écart avec les grands pays industrialisés concurrents ne pourrait que porter préjudice à notre pays, à ses investissements, à l’emploi et, au bout du compte, à ses finances publiques.

Plus fondamentalement, postuler qu’il suffit d’augmenter les impôts pour assainir durablement les comptes publics revient à ignorer d’une part la complexité des liens qui unissent fiscalité et dépenses publiques et d’autre part le risque des effets négatifs sur la croissance d’une hausse excessive des prélèvements obligatoires.

Dès lors qu’elles créent un sentiment de facilité financière, les hausses d’impôts poussent plus facilement, ensuite, les décideurs à engager des hausses de dépenses publiques. Après la crise de 2008-2009, l’OCDE notait ainsi :

« Les efforts d’assainissement menés avec succès dans le passé ont généralement fait une large place aux réductions de dépenses pour des raisons d’économie politique, mais aussi du fait de leurs effets positifs en termes d’efficience et, lorsqu’elles étaient concentrées sur les transferts et d’autres dépenses courantes, de leur durabilité apparente.

Avec un niveau de prélèvements qui atteint déjà environ 35 % du PIB en moyenne dans la zone OCDE (et jusqu’à 50 % environ dans certains pays), de nombreux régimes fiscaux réduisent le PIB en émoussant les incitations au travail, à l’épargne et à l’investissement. Les dépenses publiques sont élevées dans la plupart des pays de l’OCDE fortement endettés. Devant la hausse imminente des coûts liés au vieillissement, la voie la plus prometteuse de la viabilité budgétaire passe par des réductions de dépenses qui améliorent l’efficience allocative (meilleure utilisation générale des ressources) ou productive (moindre coût des ressources par unité de service produit) . »

Ces lignes s’appliquent plus que jamais à la France de 2021.

Un article de Victor Fouquet initialement paru sur le site de l’IREF et sur Contrepoints.

Un « argus des communes » : comparez avant d’aller voter aux municipales !

Un « argus des communes » : comparez avant d’aller voter aux municipales !

Eudes Beaufreton, directeur de Contribuables associés,donnait à Contrepoints voici quelques mois un entretien concernant leur « Argus de communes ».

Un entretien conduit par Frédéric Mas.

Bonjour Eudes Baufreton. Qu’est-ce que L’argus des communes ? Quelle méthode utilisez-vous pour juger des finances des communes françaises ?

Eudes Baufreton : L’argus des communes est un outil d’analyse de la situation financière de chaque commune de France. Chaque internaute peut librement avoir accès à la fiche de n’importe quelle commune, à commencer par la sienne en saisissant un code postal sur le site.

Sur la fiche de chaque commune est indiqué le montant par habitant des dépenses de fonctionnement, de la dette et des prélèvements obligatoires, de 2014 à 2018 (les comptes 2019 ne sont pas encore connus). Ces chiffres sont officiels, puisque validés par Bercy.

Vous y trouverez également ville par ville une note sur 20. Elle est calculée sur le niveau de dépenses par habitant de la commune, comparé à la médiane du niveau de dépenses par habitant des communes de même strate du département.

Dit autrement, si la commune fait mieux que ses voisines, elle a entre 10 et 20/20, et si elle fait moins bien elle a entre 0 et 9/20. C’est un outil de comparaison qui permet de se forger une opinion sur les dépenses publiques et les impôts locaux de sa commune et de (se) poser les bonnes questions avant d’aller voter.

Les municipales sont-elles un enjeu important dans le combat pour la baisse des dépenses publiques ? À entendre par exemple les candidats à la mairie de Paris, les priorités des citoyens semblent pencher des sujets plus sociétaux comme l’écologie ou la sécurité. La fiscalité ne pourrait-elle pas être un moyen de responsabiliser les citoyens pour les enjeux locaux ?

Eudes Baufreton : La baisse des dépenses publiques est rarement un sujet pour les candidats, ceux-ci préférant faire des promesses électorales et parler de projets. En revanche, c’est un sujet pour les citoyens. C’est donc la mission de Contribuables Associés de mettre ce sujet au cœur de la campagne municipale, ville par ville.

C’est d’autant plus important que la récente suppression de la taxe d’habitation est une très mauvaise nouvelle contrairement à ce que l’on peut imaginer. Nombre d’électeurs qui ne paieront plus les dépenses locales, en demanderont davantage. Et cela financés par les autres, c’est-à-dire les propriétaires à travers les taxes foncières, et les entreprises.

L’État déresponsabilise en permanence les citoyens, ce qui est un poison dangereux voire mortel pour notre démocratie. Au contraire, il faudrait que chacun paie de l’impôt, au niveau local et national, mais par contre dans des proportions nettement moindres que pratiquées avec le système fiscal progressif actuel (IR, IFI, etc.).

Sur le plan fiscal, Contribuables Associés milite pour l’impôt proportionnel, payé par tous. Mais sur le fond le seul moyen de réduire les impôts, qui sont excessifs puisque la France détient le triste record de champion du niveau d’impôt des pays de l’OCDE, c’est de réduire le niveau de dépenses publiques (clientélisme, subventions aux associations, syndicats politisés et gavés d’argents publics, doublons de compétence, technocratie contreproductive, haute administration et pantouflage, mille-feuille territorial, effectifs pléthoriques dans la fonction publique, gouffre de la politique de la ville à fond perdu, etc.).

Je rappelle que l’argent public est bel et bien collecté auprès des Français (impôts et dette), puisqu’il représente 57 % du PIB, ce qui est bien supérieur au niveau de dépenses publiques des pays voisins. C’est donc qu’il est trop souvent mal utilisé en France.

La démocratie locale a-t-elle besoin d’être simplifiée pour plus de transparence ? La rationalisation du « mille-feuille territorial » français doit-elle passer par une diminution radicale du nombre de communes, ou de tout autre échelon ?

Eudes Baufreton : La démocratie locale n’est pas vraiment transparente. D’ailleurs même pour les élus locaux des petites communes, l’environnement juridique et administratif d’une commune est difficile à comprendre. Ça l’est encore plus par le citoyen. Je pense que c’est le résultat d’une hyper administration et de la technocratie dont la démocratie française souffre trop. Il est temps que l’on puisse se réapproprier nos institutions, notre pratique de la démocratie.

À cet égard, les référendums d’initiative citoyenne au niveau local sont un excellent moyen pour les citoyens de participer directement aux décisions qui les concernent. C’est un bon moyen de redevenir un acteur de la démocratie locale et pas seulement un électeur ou un spectateur. Quant au mille-feuilles territorial, il faut bien sûr faire sauter un échelon.

Le regroupement de certaines communes qui le désirent est une possibilité, comme aux Sables d’Olonne. Ce qui est certain, c’est qu’à l’heure actuelle l’État a moins de difficultés à ajouter des couches qu’à en supprimer, comme avec les groupements de communes qui se traduisent par des dépenses supplémentaires au lieu d’économies, tout comme pour la fusion des régions.

Il y a une réflexion beaucoup plus complexe et générale à mener sur la réorganisation territoriale. Je pense qu’il faut renforcer la proximité en renforçant l’autonomie locale et supprimer les trop nombreux intermédiaires avec l’État au niveau national.

De l’aide pour les hôpitaux

De l’aide pour les hôpitaux

Chers amis, comme vous l’avez peut-être vu, des bénévoles se sont réunis pour fournir un modèle simplifié de respirateur aux hôpitaux belges (et à l’étranger) afin de répondre à la pénurie potentielle liée à la crise du coronavirus.

Je suis personnellement impliqué depuis quelques jours dans ce projet, en compagnie de plusieurs amis et collègues.Vous pouvez soutenir ce projet en finançant la fabrication de machines. Voici la marche à suivre: https://getinvolved.uclouvain.be/breath4life/

Merci.
(ceci n’est pas un poisson d’avril) »

Nicolas Papageorgiou.