Philippe Simonnot – Nouvelles leçons d’économie contemporaine

Philippe Simonnot – Nouvelles leçons d’économie contemporaine

Les 39 Leçons d’Économie contemporaine, publiées par Philippe Simonnot en 1998 avaient été pour beaucoup une formidable porte d’entrée vers une pensée économique rigoureuse. Vingt années ont passé, et avec elles de nombreuses crises, dont la crise financière de 2008.

Il a donc remis son ouvrage sur le métier pour nous procurer une mise à jour lumineuse et excessivement abordable des mécanismes sur lesquels sont fondés l’économie. Sont ainsi abordés dans une dizaine de chapitres supplémentaires :l’incapacité de l’économiste de livrer des prévisions fiables, le mythe de la fin du pétrole, les raisons de la tragédie financière de 2008 …
Un excellent manuel d’économie à mettre entre toutes les mains.

Philippe Simonnot, Nouvelles leçons d’économie contemporaine, Gallimard, 752 pages.

Pierre-Yves Novalet.

Philippe Némo – Philosophie de l’impôt

Philippe Némo – Philosophie de l’impôt

On ne présente plus Philippe Némo, qui reste un des philosophes et historiens des idées français les plus rigoureux, et dont l’immense travail demeure l’une des plus grandes sources actuelles de savoir concernant la tradition libérale française.

Dans son dernier ouvrage, il démonte les processus à la base des fiscalités parmi les plus confiscatoires au monde que nous connaissons en Europe continentale.

Il y démontre rigoureusement que ces mécanismes de redistribution des richesses sont fondés sur l’envie, et que la démocratie représentative implique qu’il y aura toujours une majorité pour voter des politiques confiscatoires.

Il y dénonce surtout que nous vivons dans ce que Hayek appelait la Route de la servitude, dans une société qui pénalise de manière très dure la création de valeur à long terme.

Philippe Nemo, Philosophie de l’impôt, PUF, 240 pages.

Pierre-Yves Novalet.

Nassim Nicholas Taleb – Jouer sa peau : Asymétries cachées dans la vie quotidienne

Nassim Nicholas Taleb – Jouer sa peau : Asymétries cachées dans la vie quotidienne

Nassim Nicholas Taleb est à la fois philosophe, statisticien et économiste. Il a été vingt ans trader avant de devenir professeur de gestion du risque dans une université américaine. Depuis ses premiers ouvrages, Le hasard sauvage (2001) et Le cygne noir (2007), il a apporté des contributions fondamentales à la manière dont le risque est perçu dans les sociétés développées ainsi qu’aux nombreux biais perceptifs entourant cette perception.

Il nous revient cette année avec une contribution très originale sur la responsabilité des personnes qui décident : nous vivons à une époque où de moins en moins de décideurs « mettent en jeu » leur peau dans les processus décisionnels. Que ce soit au niveau politique ou économique, les entités de plus en plus grandes (entreprises multinationales détenues par des actionnaires ou organisations supranationales), des personnes décident pour le plus grand nombre sans forcément devoir répondre personnellement de leurs erreurs, ce qui induit des comportements parfois anormalement risqués, inéquitables et peu efficaces.

De la sorte, lorsqu’un homme politique décide d’une guerre ou que le fondé de pouvoir d’une très grande entreprise prend des risques d’investissements inconsidérés dont il n’assumera jamais les conséquences pour des questions d’horizons temporels courts, ce sera au final toujours le petit porteur ou le contribuables qui devra assumer.

Sa conclusion est qu’il faut revenir à un authentique partage de la responsabilité pour le décideur, afin d’éviter ces asymétries au niveau de la personne qui assume en fin de compte les conséquences de ces erreurs.

Nassim Nicholas Taleb – Jouer sa peau : Asymétries cachées dans la vie quotidienne, Belles Lettres, 384 pages.

Pierre-Yves Novalet.

David Graeber – Dette : 5 000 ans d’histoire

David Graeber – Dette : 5 000 ans d’histoire

La parution en édition de poche au printemps de ce pavé de David Graeber consacré à l’histoire de la dette, outre le fait qu’il s’agit d’un trésor d’érudition, constitue une piste de réflexion par rapport à l’évolution de nos sociétés, dans lesquelles l’endettement a été en quelque sorte banalisé jusqu’à l’extrême. Mais l’auteur y démontre de manière limpide que ce phénomène très ancien, antérieur même à la monnaie, a toujours été lié aux problématiques du pouvoir, et pour celui-ci, un moyen de se maintenir, et par là de contenir les débiteurs dans un état de soumission.

On ne peut s’empêcher de penser, à la lecture de celui-ci à l’Empire des dettes, de William Bonner et Addison Wiggin, paru en 2005 et dans lequel il annonçait le désastre à venir.

Les sociétés occidentales croulent sous les dettes, tant publiques que privées, et ces dernières pourraient bien encore se révéler explosives dans les années qui viennent.

David Graeber, Dette : 5 000 ans d’histoire, Actes Sud, 667 pages.

Pierre-Yves Novalet.

Eric Verhaeghe – Ne t’aide pas et l’Etat t’aidera

Eric Verhaeghe – Ne t’aide pas et l’Etat t’aidera

Dans son dernier ouvrage, écrit sous la forme d’un réquisitoire contre l’État-providence, Eric Verhaeghe présente avec énormément de lucidité la Sécurité sociale, née sous la France de Vichy, les coûts qu’elle induit pour les travailleurs ainsi que la déresponsabilisation complète de générations entières, prises en charge de la naissance à la mort. Il présente également les risques que cette charge disproportionnée fait courir à nos économies en termes de compétitivité. Son dernier chapitre, prônant un remplacement des prestations individualisées de la Sécurité sociale par un revenu universel répartissant de manière exacte les dépenses sociales entre tous les membres majeurs de la société démontre également que les coûts de structure de ces institutions sont colossaux pour tout un chacun, sans toutefois avoir pu arriver, depuis 70 ans à éradiquer la pauvreté.

Éric Verhaeghe, Ne t’aide pas et l’État t’aidera, éditions du Rocher, 252 pages.

William Bonner – Hormegeddon : Quand trop de bien nuit

William Bonner – Hormegeddon : Quand trop de bien nuit

Je vous présentais la semaine dernière l’excellent ouvrage de Pascal Salin consacré à la fiscalité, ce livre de William Bonner vient se situer aux antipodes et le complète remarquablement : il y effectue l’analyse des conséquences de l’accroissement de la dépense publique, de l’interventionnisme et de la bureaucratie.

Car si l’augmentation de la fiscalité est toujours conséquente à l’augmentation de la dépense publique, c’est la question de la pertinence de ces interventions dans la vie de tous les jours qui est ici analysée. Et force est de constater que le résultat n’est pas toujours à la hauteur : des plans extrêmement coûteux se révèlent bien souvent contre-productifs, voire même destructeurs. Les exemples, pris pêle-mêle, vont de la désastreuse campagne de Napoléon en Russie aux crises des subprime ou des dettes souveraines en analysant les déclencheurs de ces échecs, qui viennent malheureusement trop souvent de la propension de l’autorité à publique à vouloir faire le bien à tout prix.

Les exemples pris par l’auteur devraient inciter les responsables politiques à faire preuve de plus de modestie, et à réapprendre à faire confiance à la créativité des personnes dans le cadre de la prise en charge et de la résolution de leurs problèmes.

William Bonner, Hormegeddon : Quand trop de bien nuit, Les Belles Lettres, 288 pages.

Pierre-Yves Novalet.